1 - Le biberon cette année-là
: 1786 |
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Jusqu'à la fin du XVIIIème siècle et l'invention de l'italien Baldini, les
biberons les plus fréquents sont en étain de forme balustre. Parfois en
bois, on utilise beaucoup les canards, poteries et bien sûr la corne
primitive... Les modèles en verre ne sont que très marginaux, une des rares
mentions de tels instruments est évoquée par Moyse Charas dans sa
"Pharmacopée royale" nouvelle édition de 1753. |
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Avant 1786 |
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Biberon
d'Etain, par le moyen duquel on peut fuppléer, dans une extrême
neceffité, au défaut du téton d'une Nourrice, ou au pis d'une Chèvre
& Brebis.
"[...] Que si
l'on est point encore en état de faire cette dépenfe [l'achat
d'une chèvre nourricière], quoy que modique ; on continuera
de fe fervir du biberon d'étain fait exprès, en forme d'une groffe
poire ; qui contient environ demi-fetier [se
dit à Paris d'un quart de litre]
de liqueur.
Ce biberon fe
ferme avec une vis, qui fe termine par un gros bouton, percé au
milieu. On le garnit d'un morceau de linge fin ou d'un morceau de
Chamois, jufqu'à ce qu'il ait acquis la groffeur & la forme du
mamelon d'une nourrice. alors, on attache avc un gros fil cette
garniture, qui ne doit déborder le bouton, que de trois ou quatre
lignes ; & qu'on doit laver de tems en tems, pour empêcher qu'elle
ne contracte un goût d'aigre. Elle fert à faire téter l'enfant
commodement, & l'empêche de tirer une trop grande quantité de lait à
la fois : ce qui l'engoueroit, & le feroit touffer ou vomir
infailliblement.
[...] On
trouvera ce biberon, ou le modèle que nous en avons donné, chez le
Sieur Gilbert, Potier d'Etain au Marché neuf, à Paris*."
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Il s'agit probablement de F. Gilbert référencé
page 63 de TARDY, "Les poinçons des étains français", Chez l'auteur,
Paris, sd
HELVETIUS (M.),
"Traité des maladies les plus fréquentes et des remèdes propres à
les guérir", Chez Le Mercier, Paris, 1724 |
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"[...] On en fait
plusieurs de crystal [des vaisseaux] :
bassins plats, aiguières, tasses, bouteilles, vases, boites...
Mais on en fait une bien plus
grande quantité en verre : cloche, pélican, vaisseaux à distiller,
matras à long col, cornues, récipients à 1, 2, 3 tuyaux cucurbites,
chapes ouvertes par dessus ou non, avec ou sans bec, mortier, pilon,
entonnoirs, enfers, oeufs philosophiques, vaisseaux à décanter,
tuyaux, platines, biberon, pots, écuelles."
CHARAS (Moyse),
"Pharmacopée royale galénique et chymique", Chez les frères
Bruyset, Lyon, 1753 |
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1786 |
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Cette année-là, Filippo Baldini met au point un biberon de verre (ou
cristal) qu'il nous décrit ainsi :
§. XI. J’ai imaginé pour
la lactation un instrument, ou plutôt un vaisseau, qui tient lieu
d’une mamelle ; & duquel les enfants peuvent sucer peu à peu le
lait, sans courir le risque d’être suffoqué. C’est une espèce de
vessie de cristal ou de verre, dont l’embouchure est faite en
globule de métal, mais dorée, afin qu’il ne s’y amasse ni rouille,
ni vert-de-gris. La moitié de ce globe creux est fixé par un collet
à l’extrémité du col du vaisseau, qu’on remplit de l’un ou de
l’autre lait. On met ensuite une éponge qui remplisse la capacité du
globe, & passe par l’autre moitié au dehors. On ferme alors le globe
avec l’extrémité supérieure, qui doit être faite à vis au bord
intérieur. On présente alors le bout de l’éponge à l’enfant, qui le
suce aussitôt avec succès. On aura soin de choisir une éponge très
fine, & très propre. L’éponge est sujette à renfermer de petits
graviers, qu’on ôtera s’il s’en trouvoir.
BALDINI (Filippo), "Manière
d’allaiter les enfants à la main, au défaut des nourrices",
Traduit de l'italien, Buisson, Paris, 1786 |
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BALDINI (Filippo), Manière
d’allaiter les enfants à la main, au défaut des nourrices,
Traduit de l'italien, Buisson, Paris, 1786 |
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